Conversation avec un spécialiste.
Après avoir investi beaucoup d’énergie pour contacter des spécialistes qui pourraient nous aider dans notre projet sur l’acoustique des salles de spectacles, j’ai finalement été récompensée.
Aujourd’hui, le lundi 24 mars 2008, j’ai eu une discussion téléphonique avec l’ingénieur acoustique M. Larry King de la firme New-Yorkaise Jaffe Holden Acoustic. M. King est un spécialiste réputé qui a travaillé sur de nombreuses salles de concert partout à travers le monde, entre autres la salle Raoul-Jobin du Palais Montcalm, la nouvelle école de musique de l’Université McGill et le centre des arts l’Esplanade de Singapour. J’estime donc que j’ai beaucoup de chance qu’il ait accepté de m’accorder un peu de son temps.
M. King m’a transmis des informations inestimables sur les paramètres acoustiques les plus importants en musique et surtout, sur la structure et les éléments techniques qui font de la salle Raoul-Jobin du Palais Montcalm, un amphithéâtre qui a une si bonne réputation. Il m’a également fourni des références précieuses pour la poursuite de notre projet de recherche. Pour ceux qui désirent en savoir plus sur l’acoustique ou qui veulent découvrir les caractéristiques des meilleures salles de concert au monde, voici le titre de ce que M. King considère comme la bible de l’acoustique. Leo Beranek, Concert Halls And Opera House, Music, Acoustics, and Architecture, Second Edition.
M. King n’a pas cherché à cacher sa fierté d’avoir participé à la conception de la salle Raoul-Jobin. Selon lui, il est rare de voir un amphithéâtre doté d’une si bonne acoustique malgré un budget très restreint. Il a d’ailleurs mentionné qu’il espérait, dans un avenir proche, pouvoir travailler sur des projets semblables. L’équipe Unisson lui souhaite que ce désir se réalise pour le grand plaisir des amateurs de musique partout à travers le monde!
Visite guidée de la salle Louis-Fréchette.
Le jeudi 20 mars dernier, quatre membres de l’équipe Unisson ont eu le privilège de visiter la salle Louis-Fréchette en compagnie de Michel Desbiens, le chef des services scéniques du Grand Théâtre de Québec. Cette visite très agréable s’est également révélée des plus instructive.
Tout d’abord, M. Desbiens a été extrêmement gentil avec nous. Il a patiemment répondu à toutes nos questions et nous a permis de prendre des photos et de filmer dans la salle. Il nous a décrit de façon très détaillée l’effet des éléments techniques et des matériaux sur l’acoustique. Nous avons pu voir de très près la conque d’orchestre, les nombreux panneaux et réflecteurs situés sur les murs et le plafond de la salle et les coulisses. Notre après-midi s’est terminé par une visite de la fosse d’orchestre.
Nous avons obtenu, lors de cette visite, des renseignements précieux sur l’acoustique des salles de concert qu’il nous aurait été presque impossible de dénicher autrement. De plus, pour les musiciens que nous sommes, se tenir sur la scène de la salle Louis-Fréchette et en visiter les dessous a été une expérience que nous n’oublierons pas de sitôt.
Acoustique: La Symphonie « Des Mille ».
La présentation de la Symphonie « Des Mille », au Colisée Pepsi, samedi le 15 mars dernier, a été, sans aucun doute, un moment mémorable des festivités du 400e anniversaire de la ville de Québec. L’interprétation livrée par les artistes, sous la direction de Maestro Yoav Talmi, était excellente et chargée d’émotion. Il était également très impressionant de voir autant de musiciens et choristes réunis sur scène. Certains passages de l’oeuvre, entre autres la finale, m’ont littéralement donné des frissons.
Cet évènement représentait un redoutable défi pour les techniciens et les responsables de l’acoustique, car le Colisée Pepsi n’est pas un amphithéâtre conçu pour les concerts symphoniques. Lorsqu’on regardait autour de soi, durant le concert, on ne notait pas de changements majeurs dans les installations techniques du Colisée. Des haut-parleurs avaient été ajoutés afin de retransmettre le son aux spectateurs et une toile avait été déployée derrière les choristes. Mais c’est tout ce qui sautait aux yeux.
Durant la première partie du concert, l’acoustique m’a un peu déçue. En effet, l’explosion sonore auquelle je m’attendais dès le début du premier mouvement n’était pas transmise par l’acoustique. De plus, l’équilibre sonore entre les choeurs, les solistes et l’orchestre était parfois inadéquat. Ce problème a par contre été réglé pour la deuxième partie du concert. J’ai été agréablement surprise de constater la pureté du son dans les passages plus doux et tous les petits détails sonores perceptibles.
Le son n’était pas extraordinaire mais, globalement, on entendait bien tous les artistes et on profitait pleinement des contrastes de nuances. Selon moi, le défi acoustique a été relevé avec brio compte tenu du choix de la salle. Cela aurait, sans aucun doute, pu être bien pire. Une très belle soirée dont je me souviendrai longtemps.
Le grand jour!
C’est ce soir que se déroulera le concert tant attendu de la symphonie no. 8 de Gustav Mahler. Cet évènement réunira sur la scène du Colisé Pepsi plus de mille musiciens. Pour atteindre ce nombre, il aura fallu fusionner 3 orchestres symphoniques, 8 chanteurs solistes et 14 choeurs.
Le Colisé Pepsi qui peut habituellement accueillir 15 399 spectateurs ouvrira ses portes pour les 11 000 chanceux qui ont pu se procurer un billet.
Pour ceux qui sont curieux d’entendre cette prestation historique, la radio 98.7 WFMT de Chicago diffusera le concert en direct. C’est un privilège qui leur a coûté 45 000$.
Afin de profiter pleinement de l’écoute de ce chef-d’oeuvre de 80 minutes, il est préférable de l’avoir écouté préalablement. Je vous propose donc de visionner les deux vidéos présentant deux extraits de la symphonie. Il est également conseillé de jeter un coup d’oeil aux paroles.
Lors de l’écoute, il est important de garder à l’esprit que cette pièce a été écrite au début du 20e siècle, au cours de la période post-romantique qui favorisait une utilisation massive de l’orchestre et une harmonie très complexe.
Ce soir, tous les membres de l’équipe Unisson se rendront sur place pour assister à la représentation. Cette soirée risque d’être mémorable! Nous demeurerons particulièrement attentifs aux modifications qui ont été apportées à la salle afin d’en améliorer l’acoustique.
Refus de Radio-Canada de diffuser la Symphonie « Des Mille».
La société d’État, Radio-Canada, a indiqué dernièrement qu’elle ne couvrira pas l’événement majeur qu’est la présentation de la Symphonie des milles de Gustav Mahler le samedi 15 mars prochain. Radio-Canada affirme que ce refus est dû à d’importants problèmes de sonorisation qui rendront très difficile l’enregistrement du concert. Il semble que l’acoustique du Colisé Pepsi ne soit pas adapté pour soutenir l’immense masse sonore qui sera produite par les milles musiciens et chanteurs qui participeront à l’évènement. Cependant, une station de radio américaine (WFMT de Chicago) n’a pas tardé à accepter le projet. Les prorpiétaires de cette station devront débourser 45 000$ afin de réaliser une captation adéquate de la symphonie et de la transmettre à ses auditeurs. Ainsi, les Québécois qui voudraient écouter la symphonie, mais qui n’ont pu se procurer de billet devront se rendre sur le site Internet de la station. (www.wfmt.com)
Cliquer ici pour voir l’article paru dans le journal Le Soleil
Chambre anéchoïque.
Une chambre anéchoique est une pièce dans laquelle les onde sonores et électromagnétiques ne subissent aucune réflexion sur les parois. Les ondes sont totalement absorbées à partir d’une fréquence basse appelée fréquence de coupure. Il n’y a donc aucune réverbération dans ce type de pièce. Les murs, le plafond et le plancher de ces salles sont recouverts d’éléments absorbants de forme pyramidale, appelés dièdres. Les principaux matériaux qui composent les dièdres sont la laine minérale, la mousse de mélamine et la laine de verre recouverte de tôle perforée. La qualité de l’absorption des ondes varie en fonction de la taille des dièdres et des matérieux qui les constituent.
Les chambre anéchoïques sont utilisées pour mesurer les ondes acoustiques et électromagnétiques en l’absence de réverbération et d’interférence. Ces salles peuvent également servir pour diverses expériences comme les essais de sensibilité d’un microphone, la mesure de la bande passante d’un haut-parleur ou la mesure de la puissance acoustique.
Les salles semi-anéchoïques sont plus courantes que les salles anéchoïques. Ces salles sont en fait contruites comme une salle anéchoïque mais le plancher est dépourvu de dièdres. Au lieu des dièdres, le paroi du plancher est complètement réfléchissante.

Définition du son.
D’un aspect physique, le son est une sensation auditive périodique engendrée par une onde acoustique. Il est émis par un corps animé d’un mouvement vibratoire et se propage dans l’air sous forme d’ondes mécaniques. Il est susceptible de subir des réflexions, des réfractions et des interférences.
Il est caractérisé par sa hauteur, son intensité et son timbre, qui dépend des intensités relatives des différents sons harmoniques qui le composent. Jean-François
La Symphonie « Des Mille ».
Le 15 mars 2008 aura lieu la présentation de l’imposante Symphonie « Des milles» de Gustav Mahler au Colisée Pepsi. Puisqu’elle requiert un nombre de musicien impressionnant (mille comme son nom l’indique), la présentation de cette symphonie est très rare. Pour réaliser ce projet d’envergure, plus de quinze ensembles musicaux et choeurs de la région de Québec collaboreront sous la direction de Maestro Yoav Talmi, le directeur artistique et chef de l’orchestre symphonique de Québec. La prestation aura lieu au Colisée Pepsi. Ceci amène plusieurs mélomanes à se questionner car l’amphithéâtre du Colisé Pepsi n’est pas reconnu pour sa qualité acoustique. Notre équipe a donc contacté Sophie Galaise, la directrice générale de l’OSQ, afin de savoir si des modifications seraient apportées à la salle afin d’en améliorer l’acoustique. Elle nous a confirmé que M. Jean Letarte , le directeur artistique de l’évènement, se chargeait présentement de cette dimension. Malheureusement, les organisateurs étant très occupés par la préparation du spectacle, nous n’avons pu, pour l’instant obtenir plus de détails. Dossier à suivre !
Alex Soucy
Pour plus d’informations, visitez le site de l’Orchestre Symphonique de Québec .
Petit reportage très intéressant.
Pour les mordus d’acoustique qui désirent comprendre un peu mieux les notions de physiques qui se cachent derrière le son incroyable de la salle Raoul-Jobin, je recommande fortement ce reportage qui a été diffusé à la télévision de Radio-Canada dans le cadre de l’émission Découverte, en janvier 2008. Des experts y expliquent extrêmement bien l’utilité des éléments architecturaux et acoustiques qui ont été intégrés à la salle. Ils donnent même des exemples concrets des effets saisissants que l’architecture et les matérieux peuvent avoir sur le son.
Je vous conseille vivement ce reportage très instructif!
http://www.radio-canada.ca/actualite/v2/decouverte/niveau2_liste91_200801.shtml#

